Das Lied der Deutschen

20 Avr

Samedi matin, lorsque nous sommes arrivés au cours de solfège, le professeur jouait magistralement un morceau à la contrebasse. Lorsqu’il eut terminé, il s’adressa à mon fiston :

– Tu connais ?

– Non…

– Et Papa, il connaît ?

– Heu… c’est l’hymne allemand ?

– Oui, bravo Papa !!!

Alors, le prof se mit à expliquer que le morceau avait été composé, à l’origine, par Joseph Haydn pour l’empereur d’Autriche. Il était devenu plus tard l’hymne national de l’Allemagne.

Je n’ai pas osé lui dire que je le connaissais parce qu’il avait été interprété de manière sombre, glaciale et minimaliste par l’icône warholienne du Velvet Underground dans les années 70…

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7 Réponses to “Das Lied der Deutschen”

  1. Leodamgan 20 avril 2014 à 16:11 #

    Ca change de ce que vous écoutez habituellement!

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  2. mojojoj1 20 avril 2014 à 19:28 #

    « Son rêve revoir Paris au printemps
    Redéfiler en tête de son groupe
    En chantant comme tous les vingt-cinq ans
    Baisse ta gaine Gretchen
    Que je baise ta croupe (ein zwei) »
    (J. Brel)

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  3. Biche 21 avril 2014 à 15:38 #

    Pffffff………. C’est revenu ce truc… Moi qui recherchait un peu de chaleur humaine…. C’est raté.
    Ca c’est mieux :

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  4. Biche 21 avril 2014 à 15:52 #

    Et toc !

    Le désespoir

    Lorsque du Créateur la parole féconde,
    Dans une heure fatale, eut enfanté le monde
    Des germes du chaos,
    De son oeuvre imparfaite il détourna sa face,
    Et d’un pied dédaigneux le lançant dans l’espace,
    Rentra dans son repos.
    Va, dit-il, je te livre à ta propre misère ;
    Trop indigne à mes yeux d’amour ou de colère,
    Tu n’es rien devant moi.
    Roule au gré du hasard dans les déserts du vide ;
    Qu’à jamais loin de moi le destin soit ton guide,
    Et le Malheur ton roi.
    Il dit. Comme un vautour qui plonge sur sa proie,
    Le Malheur, à ces mots, pousse, en signe de joie,
    Un long gémissement ;
    Et pressant l’univers dans sa serre cruelle,
    Embrasse pour jamais de sa rage éternelle
    L’éternel aliment.
    Le mal dès lors régna dans son immense empire ;
    Dès lors tout ce qui pense et tout ce qui respire
    Commença de souffrir ;
    Et la terre, et le ciel, et l’âme, et la matière,
    Tout gémit : et la voix de la nature entière
    Ne fut qu’un long soupir.
    Levez donc vos regards vers les célestes plaines,
    Cherchez Dieu dans son oeuvre, invoquez dans vos peines
    Ce grand consolateur,
    Malheureux ! sa bonté de son oeuvre est absente,
    Vous cherchez votre appui ? l’univers vous présente
    Votre persécuteur.
    De quel nom te nommer, ô fatale puissance ?
    Qu’on t’appelle destin, nature, providence,
    Inconcevable loi !
    Qu’on tremble sous ta main, ou bien qu’on la blasphème,
    Soumis ou révolté, qu’on te craigne ou qu’on t’aime,
    Toujours, c’est toujours toi !
    Hélas ! ainsi que vous j’invoquai l’espérance ;
    Mon esprit abusé but avec complaisance
    Son philtre empoisonneur ;
    C’est elle qui, poussant nos pas dans les abîmes,
    De festons et de fleurs couronne les victimes
    Qu’elle livre au Malheur.
    Si du moins au hasard il décimait les hommes,
    Ou si sa main tombait sur tous tant que nous sommes
    Avec d’égales lois ?
    Mais les siècles ont vu les âmes magnanimes,
    La beauté, le génie, ou les vertus sublimes,
    Victimes de son choix.
    Tel, quand des dieux de sang voulaient en sacrifices
    Des troupeaux innocents les sanglantes prémices,
    Dans leurs temples cruels,
    De cent taureaux choisis on formait l’hécatombe,
    Et l’agneau sans souillure, ou la blanche colombe
    Engraissaient leurs autels.
    Créateur, Tout-Puissant, principe de tout être !
    Toi pour qui le possible existe avant de naître :
    Roi de l’immensité,
    Tu pouvais cependant, au gré de ton envie,
    Puiser pour tes enfants le bonheur et la vie
    Dans ton éternité ?
    Sans t’épuiser jamais, sur toute la nature
    Tu pouvais à longs flots répandre sans mesure
    Un bonheur absolu.
    L’espace, le pouvoir, le temps, rien ne te coûte.
    Ah! ma raison frémit ; tu le pouvais sans doute,
    Tu ne l’as pas voulu.
    Quel crime avons-nous fait pour mériter de naître ?
    L’insensible néant t’a-t-il demandé l’être,
    Ou l’a-t-il accepté ?
    Sommes-nous, ô hasard, l’oeuvre de tes caprices ?
    Ou plutôt, Dieu cruel, fallait-il nos supplices
    Pour ta félicité ?
    Montez donc vers le ciel, montez, encens qu’il aime,
    Soupirs, gémissements, larmes, sanglots, blasphème,
    Plaisirs, concerts divins !
    Cris du sang, voix des morts, plaintes inextinguibles,
    Montez, allez frapper les voûtes insensibles
    Du palais des destins !
    Terre, élève ta voix; cieux, répondez ; abîmes,
    Noirs séjours où la mort entasse ses victimes,
    Ne formez qu’un soupir.
    Qu’une plainte éternelle accuse la nature,
    Et que la douleur donne à toute créature
    Une voix pour gémir.
    Du jour où la nature, au néant arrachée,
    S’échappa de tes mains comme une oeuvre ébauchée,
    Qu’as-tu vu cependant ?
    Aux désordres du mal la matière asservie,
    Toute chair gémissant, hélas! et toute vie
    Jalouse du néant.
    Des éléments rivaux les luttes intestines ;
    Le Temps, qui flétrit tout, assis sur les ruines
    Qu’entassèrent ses mains,
    Attendant sur le seuil tes oeuvres éphémères ;
    Et la mort étouffant, dès le sein de leurs mères,
    Les germes des humains !
    La vertu succombant sous l’audace impunie,
    L’imposture en honneur, la vérité bannie ;
    L’errante liberté
    Aux dieux vivants du monde offerte en sacrifice ;
    Et la force, partout, fondant de l’injustice
    Le règne illimité.
    La valeur sans les dieux décidant des batailles !
    Un Caton libre encor déchirant ses entrailles
    Sur la foi de Platon !
    Un Brutus qui, mourant pour la vertu qu’il aime,
    Doute au dernier moment de cette vertu même,
    Et dit : Tu n’es qu’un nom !…
    La fortune toujours du parti des grands crimes !
    Les forfaits couronnés devenus légitimes !
    La gloire au prix du sang !
    Les enfants héritant l’iniquité des pères !
    Et le siècle qui meurt racontant ses misères
    Au siècle renaissant !
    Eh quoi ! tant de tourments, de forfaits, de supplices,
    N’ont-ils pas fait fumer d’assez de sacrifices
    Tes lugubres autels ?
    Ce soleil, vieux témoin des malheurs de la terre,
    Ne fera-t-il pas naître un seul jour qui n’éclaire
    L’angoisse des mortels ?
    Héritiers des douleurs, victimes de la vie,
    Non, non, n’espérez pas que sa rage assouvie
    Endorme le Malheur !
    Jusqu’à ce que la Mort, ouvrant son aile immense,
    Engloutisse à jamais dans l’éternel silence
    L’éternelle douleur !
    Alphonse de Lamartine, Méditations poétiques

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  5. Sylvie... 21 avril 2014 à 20:32 #

    on n’est pas forcé d’avoir de la culture de façon officielle et formatée. Voilà une démonstration magistrale!

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  6. ◘ẅ◘ 28 avril 2014 à 22:37 #

    ça se joue aussi lors des matches de football et autres…

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